J’ai longtemps considéré que le coaching reposait sur des ingrédients clés tels que l’alliance ou le non-jugement. Et, selon moi, les formations de qualité s’appuient sur des méthodes pédagogiques actives dans lesquelles les bénéficiaires sont acteurs de leur apprentissage.

Je découvre aujourd’hui un nouvel ingrédient majeur : le lieu dans lequel les accompagnements prennent place !

La rencontre

Orgachange accueille désormais ses clients dans un ancien atelier d’artiste, sous verrière, au cœur du 11ᵉ arrondissement de Paris.

Lorsque mon mari et moi avons découvert cet endroit, nous avons ressenti une émotion de plénitude : nous souhaitions habiter ce lieu qui « nous habitait » déjà. Avec ses grands volumes, une lumière naturelle venant du ciel, une architecture industrielle préservée, une sensation de calme au milieu de Paris… Nous nous sommes sentis immédiatement « à notre place », avec un sentiment de sérénité allié à la possibilité de s’engager dans mille projets !

Avec un recul de plus de 6 mois, je comprends aujourd’hui pourquoi la qualité d’un lieu influence tellement notre potentiel et notre épanouissement.

La psychologie environnementale tisse le lien entre lieu et identité

Mes recherches sur les impacts des lieux m’ont fait découvrir le courant de la psychologie environnementale. Il montre et prouve que notre environnement influence nos comportements, nos émotions et notre façon de penser. Bref, les lieux ne sont jamais neutres.

Harold Proshansky, un des pères fondateurs de la psychologie environnementale, parlait de Place Identity : notre identité se construit aussi à travers les lieux que nous habitons. Autrement dit, nous façonnons nos espaces… mais nos espaces nous façonnent également.

Je suis convaincue qu’un lieu professionnel ne devrait pas être seulement fonctionnel.

  • Il exprime quelque chose de celui qui accueille.
  • Il raconte des valeurs.
  • Il traduit une manière d’être en relation.
  • Il rend visibles des choix.

Certaines personnes qui ont découvert cet espace m’ont dit : « On dirait qu’il te ressemble. » Je prends cela comme un compliment. Parce que ce lieu reflète ce que je cherche à créer dans mes accompagnements :

  • de l’ouverture,
  • de la créativité
  • de la clarté (lumière et rangement)
  • du pragmatisme (le loft est quand même très fonctionnel !),
  • et un cadre suffisamment solide pour que chacun puisse avancer en sécurité.

Ici, tout n’est pas forcément le « calme, luxe et volupté » de Beaudelaire dans son invitation au voyage… quoique le « verre, métal, béton » résumant l’architecture épurée du loft offre une beauté pragmatique inspirante !

Pourquoi les neurosciences s’y intéressent

Nous passons beaucoup de temps à réfléchir aux compétences, aux méthodes pédagogiques ou aux outils de coaching. Nous réfléchissons beaucoup moins, et malheureusement de moins en moins, à l’endroit dans lequel ces apprentissages vont se produire. Pourtant, il suffit parfois de changer de lieu pour changer sa façon de penser. Preuve en est de ressentir des émotions intenses et de se souvenir très facilement de l’endroit où nous avons vécu cette expérience émotionnelle forte. Ce qui est beaucoup moins accessible lorsqu’on passe une grande partie de son temps de travail en visioconférence !

Les recherches en psychologie cognitive montrent que notre cerveau traite en permanence les informations de son environnement.

La lumière naturelle contribue à maintenir l’attention. La présence des plantes réduit le stress. Les espaces généreux favorisent davantage la pensée divergente que les environnements confinés. La qualité acoustique diminue la charge cognitive. Le sentiment de sécurité/cocon facilite l’exploration, l’apprentissage et la mémorisation.

Apprendre ne dépend pas uniquement du contenu. Le cerveau apprend aussi grâce au contexte dans lequel il évolue.

Le lieu devient donc un facilitateur silencieux et très puissant.

Un espace qui autorise le lâcher prise

Lorsque des participants arrivent dans une salle de formation classique, ils savent généralement ce qui les attend : une salle avec 4 murs rectangulaires et un plafond ; des tables ; un vidéoprojecteur. Bref, un cadre fonctionnel.

Dans les nouveaux bureaux d’Orgachange, l’expérience est différente. Avant même que la formation ne commence, quelque chose se passe. Les regards montent vers la verrière. Les conversations ralentissent. On observe. On respire. On prend possession du lieu.

Ce temps d’atterrissage est loin d’être anecdotique.

En coaching, il marque déjà le passage entre l’agitation du quotidien et le temps consacré à soi.

Un nouvel acteur dans le coaching

En coaching, nous parlons souvent de la relation entre le coach et son client.

J’aime aujourd’hui penser qu’il existe un troisième acteur : le lieu.

Le lieu ne parle pas. Il n’interprète pas. Il influence positivement, en invitant au calme, à la concentration, à l’esthétisme.

Il offre de la hauteur, au sens propre comme au figuré : dans ce loft, l’espace de coaching est installé sur la mezzanine 😊

Cette prise de hauteur crée naturellement la possibilité de prendre du recul sur les situations et de savoir s’en dissocier, presque comme un belvédère intérieur.

On prend de la distance sur les situations que l’on vient déposer et l’architecture offre déjà une métaphore du travail que l’on va accomplir.

Un ancien atelier d’artiste

Avant d’être un lieu de vie, cet espace était un atelier de création artistique.

Aujourd’hui, la dimension artistique recouvre une nouvelle forme. On y construit d’autres œuvres :

  • Des apprentissages sur soi et sur les autres.
  • Des trajectoires professionnelles.
  • Des projets d’entreprise.
  • Des changements de posture…

Il existe une belle continuité entre l’histoire du lieu et la mission d’Orgachange.

Plus qu’un nouveau bureau, un acteur du changement

Au fond, je ne souhaitais pas simplement trouver un nouvel espace de travail.

Je souhaitais créer un lieu où les personnes puissent ralentir, réfléchir, apprendre, coopérer et parfois changer de regard sur elles-mêmes.

Un lieu où l’on se sente suffisamment bien pour penser autrement.

Si ce nouvel espace contribue, ne serait-ce qu’un peu, à cette qualité de présence, alors il sera déjà devenu bien plus qu’un bureau. Il sera pleinement un partenaire des transformations que j’ai la chance d’accompagner.